Étape 11 (suite et fin) : Iguazu et Nord-Ouest Argentin

Afin « d’approfondir » quelque peu cet immense pays qu’est l’Argentine, nous avons décider de prendre la route cette fois-ci.
Au lendemain de notre mois passé sur Buenos Aires (BA), nous avons prit la direction de la ville d’Iguazu à quelques 16 heures de bus. Pourquoi Iguazu ? À l’extrême nord est de l’Argentine. Pour les chutes, évidemment. Grosse envie d’Agnès! Alors …

Le bus de nuit a été des plus confortable. Nous avions choisi l’option « cama », c’est-à-dire siège inclinable à 160 degrés. Idéal pour autant de route et une nuit. Nos places étaient au 2ème étage, juste au dessus du chauffeur. La vue panoramique nous a permit d’apprécier les villes et villages traversés de la pampa. À notre grande surprise, on nous a servi goûter, diner et petit-déjeuner. Nous étions si bien que nous aurions pu y passer plus de temps. Presque une déception.

À l’arrivée et toujours avec nos deux sacs à dos d’un total de 35 kg (pour nous quatre), nous nous dirigeons vers notre auberge de jeunesse (!) Garden Stone dans laquelle nous résiderons 4 nuits pour autant de jours. Deux surprises : la première est la température qui nous change des 20 degrés de BA, il faisait autour de 34 degrés dans la journée et la deuxième, les forêts luxuriantes et humides, type jungle.
L’organisation de ce stop de 4 jours allait bien évidemment s’articuler sur la découverte en long et large des fameuses chutes d’Iguazu. Renommée mondialement, UNESCO, etc… et dont certains routards qui ont vu les Niagara et les Victoria, nous ont dit qu’elles étaient les plus spectaculaires au monde.

La possibilité de les voir peut se faire du côté argentin et aussi brésilien. Oui, le Brésil est à seulement 10 km de Puerto Iguazu. Nous décidons de débuter par le côté brésilien qui offre un meilleur panorama tandis que le côté argentin est plus surprenant étant au-dessus des chutes. En route, tôt le matin pour entrer au Brésil, notre 13ème pays depuis notre départ le 1er juillet dernier.
Le passage aux frontières argentine (sortie) et brésilienne (entrée) se fait en quelques minutes seulement. Nous sommes sur les lieux en début de matinée avec un flot de touristes assez élevé. Ce fut un gros Wow ! Et des images qui resteront gravés certainement à jamais dans nos esprits. Les chutes sont une succession d’innombrables cascades (275 d’après ce que nous apprend notre guide et ami Lonely). La hauteur est fascinante, quelques 100 mètres mais que dire de la longueur, Ouf! … près de 3 km. On reste quasiment la demi-journée pour les scruter. Tantôt de loin, tantôt directement dans l’action où elles font office d’un brumificateur géant. Plein les yeux !
La suite du programme de cette journée est la belle surprise du Parque des Aves en face de l’entrée du parc des chutes. Amis lecteurs qui allaient visiter les chutes de ce côté, faites un arrêt dans ce parc dédié aux oiseaux tropicaux/amazoniens. On y a trouvé des perroquets multicolores, des oiseaux endémiques à la région tous aussi beaux que surprenants, des toucans par dizaines tout proche de nous (certains montaient sur des visiteurs), des vols de aras majestueux dans une volière géante, etc… Encore un gros Wow!

Le lendemain, nous nous dirigeons pour voir et revoir … les chutes du côté argentin, le côté le plus intéressants d’après les voyageurs que nous rencontrons ou les blogs que nous lisons régulièrement. Ce côté est intéressant à plusieurs titres, il permet de : faire de très belles balades (nous avons dû marcher près d’une dizaine de km dans la journée) dans la « jungle », de parcourir les nombreux sentiers serpentants au-dessus des chutes, de découvrir un point de vue unique de la Gorge du Diable ainsi que plusieurs points de vue aux pieds de chutes.
Bref un détour qui en valait la peine.
Nous flirtons avec la frontière paraguayenne sans franchir le pas. Un autre voyage, une autre occasion. Tout autant que la visite des nombreuses missions jésuites de la région. Il faut faire des choix.

Pour la suite de notre périple, notre choix s’est porté quant à lui sur une sorte de « road trip » dans la région du Nord-Ouest Argentin, communément appelé le NOA. Celle-ci se trouve à quelques 1000 km d’Iguazu. Nous décidons de prendre un court vol sur Aérolinéas par gain de temps principalement. Plusieurs réflexions ont été faites à ce sujet vu les prix prohibitifs pour ce segment.

Ce sera donc une dizaine de jours dans le NOA. Point de départ la ville de Salta pour laquelle nous décidions de nous arrêter réellement que 5 jours plus tard. La région est intéressante pour effectuer la boucle sud de Salta et la boucle nord de Salta. Nous aurons pour les déplacements une auto Chevrolet très classique et surtout « más économicá » (agence Perfil sur Salta).
Dès l’arrivée sur Salta nous prenons la route pour Cafayate à trois heures de route de l’aéroport.
À mi-chemin nous traversons une région très aride bien loin de ce que nous avons connu auparavant. Et surtout la Quebrada de Cafayate. S’il y a bien un mot que nous avons appris lors de notre séjour dans le NOA, c’est le mot « quebrada » qui signifie « gorge », car nous en avons traversé plus d’une et à chaque fois, c’était un spectacle hallucinant de formations rocheuses ou des dégradés de couleurs donnant aux montagnes des allures d’arc-en-ciel. Des montagnes ocres, rouges qui forment de vrais canyons. Cette traversée se faisant en fin de journée, les jeux de lumière sur ces montagnes sont spectaculaires. Nous sommes déjà à 2000 mètres d’altitude dans ce qu’on appelle la pré-cordillère des andes.

Nous passerons 2 nuits sur Cafayate (prononcée Cafa-ch-até) dans une petite auberge très fonctionnelle avec un accueil extra auberge La Morada. Cette petite ville est reconnue pour sa région viticole, moins connue, certes, que la région de Mendoza qui se trouve à quelques centaines de km au sud. La fierté de Cafayate est qu’elle produit de nombreux vins : Malbec, Cabernet Sauvignon, Syrah pour le rouge et Torrontès pour le blanc, notre préféré. Ce petit village andin est entouré de nombreux vignobles et bodégas. La qualité du vin provient du fait des écarts de température entre la nuit et le jour qui sont très importants, allant jusqu’à plus de vingt degrés avec un sol sableux propice aux bonnes récoltes. C’est un des vins produits à une altitude les plus hautes au monde. Ce que nous avons appris en visitant le très moderne musée de la vigne et du vin.
Le village est charmant, l’architecture fait déjà penser à la culture bolivienne et péruvienne. La viande comme depuis le début de notre séjour argentin est délicieuse : bife de lomo, asado de tira, empenadas a la carne, … El Rancho notre restaurant préféré.
Nous profitons de ce séjour pour faire un petit trek assez « sportif » dans un canyon au départ du village.
Depuis notre départ de BA, nous rencontrons un nombre important de touristes, globe-trotters français. La route des vins que nous parcourons y étant certainement pour quelque chose.
Après cette étape, direction Cachi pour 2 autres nuits chez Don Arturo (auberge au coeur du village). Cette très petite ville andine est bien mais pas forcément un incontournable. L’incontournable, nous l’avons vécu par la route qui y conduit. La traversée Cafayate-Cachi se fait sur une route non bitumée, on roule par conséquent à 30-40 km/h. Cela permet de profiter du magnifique panorama pendant 3 heures de canyons, grandes étendues type far west, lamas, cactus, montagnes …
Sur Cachi, nous prenons le temps de déguster du bon vin et visiter des vignobles. À nous les bodégas! Une note particulière sur les églises et places de chaque village traversé.

La prochaine étape est Salta, la grande ville, 500 000 habitants. Nous resterons une seule nuit à l’Hostal la Posta (très bien). Nous grimpons en haut du Cierro San Bernardo, 1070 marches montées et descendues; on a snobé le funiculaire. Étant un dimanche, nous chinons entre les kiosques d’artisans (appelé Féria).

Voilà la boucle sud effectuée. Nous sommes prêt pour la deuxième partie de notre road trip pour la boucle nord. En fait pour nous, ce ne sera pas une boucle puisque nous rendrons notre véhicule à 400 km au nord de Salta, à La Quiaca qui est en fait la ville frontière entre l’Argentine et la Bolivie, notre prochaine destination.

On décide de se poser quatre jours à Tilcara, nous serons à l’auberge de jeunesse-camping Waira. Vraiment une bonne adresse. Cela nous permettra de rayonner dans la région. Les gens rencontrés dans cette partie de l’Argentine sont plus accueillants, leur couleur de peau « bronze » et « plissé » due au vent et au soleil ressemble à des faciès davantage andin (bolivien, péruvien).
Les maisons en pisés sont très authentiques. Nous demeurons à 2500 mètres d’altitude en plein coeur de la Puna. Le ciel bleu azur est omniprésent, 25-30 degrés en journée. Le matin et en fin de soirée la température est très fraîche. Nos polaires sont les bienvenus. Nous sommes en automne.

Tilcara est un bon lieu pour faire un saut dans un des plus beau village du coin Purmamarca, où commence la Quebrada d’Humahaca, et sa splendide montagne aux sept couleurs, sorte de palette de peintre. Nous parcourons le « Paseo de los Colorados », un sentier de 3 km, qui permet d’être aux premières loges pour admirer la montagne colorée et ses replis.
Nous profitons aussi pour faire deux heures de route en pleine cordillère pour passer un col à 4200 mètres d’altitude et découvrir Salinas Grandes, un ancien lac de 500 km2 devenu un désert de sel. Pas de mal de l’altitude pour le moment. L’homéopathie nous aidant.

De Tilcara, nous avons pu effectuer deux visites à pied. Un petit trek dans un canyon pour y retrouver une cascade et la découverte d’un site archéologique inca : le pukara (la forteresse). C’était un ancien village inca construit sur une colline. Quelques maisons ont été reconstituées, mais sinon c’est un champ de ruines et de cactus qui ont repris les lieux. En haut, une petite pyramide a été construite en hommage aux archéologues ayant travaillé sur le site.

Dernière étape de nos (presque) deux mois en Argentine, avec la ville La Quiaca, 3500 mètres d’altitude, nuit à l’Hostal le Refugio del Sol, ensuite ce sera restitution de l’auto qui nous a permis de parcourir près de 1200 km dans le NOA sur 10 jours.

Ce samedi, nous passons la frontière bolivienne en remis (taxi) pour rejoindre Villazon et prendre notre premier train sud américain pour un court trajet de 3 heures pour rejoindre Tupiza.
Tupiza, sera notre ville de départ pour le Salar d’Uyuni, Sud Lipez et différentes lagunas pour un tour organisé en 4×4 (cette fois-ci) de 4 jours.

Ensuite, ce sera fort probablement le passage à nouveau au Chili pour sillonner le désert d’Atacama.

Outre ce récit, nous voulions partager avec vous quelques infos plus personnelles.

Les voici en vrac :
– les garçons vont super bien. Ils suivent bien le rythme. Semblent heureux par les visites et découvertes. Sont de plus en plus curieux au fil du voyage. Les amis semblent aussi leur manquer ceux de Montréal et de leur école.
– Noé de caractère plus réservé (par rapport à Victor) n’hésite pas à aller vers d’autres enfants pour jouer au soccer, faire une partie d’échecs dans la rue, essayer de baragouiner en espagnol à droite à gauche.
– Noé sème des dents un peu partout. Ou sont avalées…avec un sandwich!
– On continue les devoirs quasiment tous les jours. Pas facile chaque jour surtout lorsqu’on est sur la route. Victor connait sont alphabet par coeur, compte jusqu’à 30. Noé fait des dictées (sur Ipad), des exercices de français et mathématiques. Il a obtenu son passage en 2ème année pour la rentrée de septembre.
– On pense de plus en plus au retour. Eh oui ! Tic-tac, nous en sommes à notre dixième mois de tour du monde sur un total de douze. Autant on aime notre expérience de grand voyage, autant on sera heureux de retrouver les amis, Montréal et … le travail.
– On croise moins de famille qui font la même voyage que nous, mais nous allons retrouver au Pérou les Geslin que nous avions croisé en Chine et les Favre, croisés au Vietnam, dès notre retour sur Montréal en juillet.
– Fred suit les succès du Canadien Hockey. On se prépare aussi au Mondial avec les « figuritas » Panini.
– Nous avons aperçu le long des routes nos premiers troupeaux de Lamas, et avons même gouté à sa viande, très bonne.
– Les paysages traversés sont remplis de cactus, du coup beaucoup de toit de maison, d’église et pas mal d’objets comme des lampes sont en bois de cactus, c’est très sympa.

Voilà pour ce post. Comme à l’habitude, vous pouvez visionner les photos dans la section Argentine.
Les photos du jour sont aussi en ligne.

À très bientôt à tous. Merci de nous suivre.

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One thought on “Étape 11 (suite et fin) : Iguazu et Nord-Ouest Argentin

  1. Trop bon ce post, et j’aime particulièrement les petites anecdotes de la fin… le coup du sandwich de Noé m’a bien fait marré !!! 😉 Et oui déjà 10/12e ou 5/6eme du voyage de fait… Profiter à fond de chaque instant les amis, on vous envie tellement !!! (ps: Hé alors? je t’avais dis que l’homeopathie ca marchait, et que je vendais pas du sucre !!!)

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